Justicia

Justicia spicigera – un succédané de l’indigo dans la culture mésoaméricaine

Responsabilité scientifique :

  • Sylvie Héron
  • Christine Andraud
  • Anne Michelin

Financement :

  • DIM Matériaux anciens et patrimoniaux

Descriptif :

Le projet « Justicia » porte sur la caractérisation d’un colorant dont l’utilisation a été mise en évidence lors de l’analyse des matières picturales du Codex Borbonicus, un manuscrit aztèque du XVIe siècle conservé à l’Assemblée Nationale. Les premières caractérisations menées sur ce manuscrit par spectroscopies de réflexion diffuse, de fluorescence UV et Raman, suggèrent que le colorant est extrait de Justicia spicigera, une plante tinctoriale poussant en Amérique Centrale. Bien que présent dans ce document sous une forme brune, ce colorant est plus traditionnellement rencontré dans des teintes bleues. Cette couleur bleue et sa facilité de préparation ont permis sa large utilisation, dans les objets du patrimoine culturel mésoaméricain, à la place ou en association avec de l’indigo. Cependant, ce colorant (Justicia spicigera) a été peu étudié d’un point de vue chimique et sa composition moléculaire demeure inconnue. Ce travail abordera l’identification moléculaire du/des composés colorants et permettra de spécifier leurs modalités d’extraction, d’application et de caractériser leurs vieillissements. Les composés responsables de la coloration seront séparés et isolés par chromatographie puis caractérisés par une série de méthodes d’analyse : spectroscopies de réflexion diffuse, de fluorescence, IR, Raman, RMN et spectrométrie de Masse. Les échantillons solides seront soumis à un vieillissement artificiel en enceinte climatique, ce qui permettra de déterminer leur vulnérabilité aux facteurs de dégradation en termes de modifications chromatiques, moléculaires et de cinétique. Les résultats de cette étude constitueront un socle solide de connaissance pour l’identification et la conservation de ce colorant dans les objets du patrimoine culturel mésoaméricain et permettront par ailleurs de valider les premières caractérisations effectuées sur le Codex Borbonicus.

 

Doctorante : Lucie Arberet
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